Pour la visite de l’exposition « Cathares ». Toulouse dans la croisade, nous vous conseillons vivement de prendre votre billet en ligne afin d’éviter l’attente en caisse.

Titre du dispositif Trobador

Bienvenue, célèbre troubadour ! Si vous êtes parvenu jusqu’ici c’est que vous avez réussi, grâce à votre Canso, à passer maître dans l’art du trobar. Vous faites désormais partie des plus grands, comme les trobairitz Azalais et Marie de Ventadour ou les troubadours Guillaume d’Aquitaine et Bertrand de Born !

Ici vous pourrez réécouter votre chanson tant que vous le souhaitez.

illustration de manuscrit : lapin jouant d'un instrument à vent juché sur un personnage
Visuel du dispositif Trobador représentant Peire Cardenal chantant, sans arrière-plan

Portant la croix raimondine, le comte de Toulouse mène les Occitans.
Face à lui les croisés, conduits par Simon au lion d’argent.
Accusée par le pape d’hérésie, Toulouse est assiégée.
Elle résiste longtemps mais finit par céder.
La ville reste riche et prospère et le montre en chantant :

« Per Tolosa totjorn mai,
per Tolosa totjorn mai,
per Tolosa totjorn mai,
per Tolosa totjorn mai ! »

Pour réformer l’Eglise, le pape évince tous ses opposants.
Il utilise une tactique, qui est de les traiter d’hérétiques.
Vêtus de robes longues les mendiants prêchent en noir et blanc.
Même les puissants font face à l’Inquisition.
L’hérésie est matée, le comte mort, place au pape et au roi.

Per Tolosa totjorn mai,
per Tolosa totjorn mai,
per Tolosa totjorn mai,
per Tolosa totjorn mai !

illustration de manuscrit : personnage hybride à tête d'homme soufflant dans un instrument à vent

Vous souhaitez revivre votre aventure et vous remémorer ce que vous avez appris durant votre parcours ? Ci-dessous vous pourrez relire les notes que vous avez prises pour écrire votre chanson.

Visuel du dispositif Trobador représentant le clan des méridionaux

Raimond à la croix, Simon au lion

Raimond de Toulouse est reconnaissable à la croix raimondine qu’il porte sur son bouclier. C’est lui qui dirige le camp des Occitans, que l’on appelle aussi les Méridionaux.

Face à eux, les croisés sont menés par Simon de Montfort, que l’on reconnaît facilement avec son bouclier décoré d’un lion d’argent (blanc), sur fond de gueules (rouge).

La croix portée par les comtes de Toulouse se retrouve partout, des objets du quotidien jusqu’au sceau de la ville.

Une croisade, mais pourquoi ?

Les croisés veulent conquérir tous les territoires occitans ! Mais pourquoi cette croisade a-t-elle lieu contre des chrétiens ? L’autorité du pape a été contestée en Occitanie. Il a alors accusé ses opposants d’être des hérétiques, c’est-à-dire des mauvais chrétiens.

Les croisés ont donc eu un bon prétexte pour prendre les villes et remplacer les seigneurs occitans par leurs propres seigneurs !

Visuel du dispositif Trobador représentant des chevaliers
Visuel du dispositif Trobador représentant un maçon, un tailleur et un paysan associé à des objets

La vie quotidienne à Toulouse

Maçons, briquetiers, tailleurs, paysans… autant de métiers qui permettent à la ville de prospérer. Vous avez pu constater que malgré la croisade, Toulouse est riche et bien peuplée.

À Toulouse, tout le monde parle en occitan, contrairement aux croisés qui parlent des langues du nord. Mais les documents officiels sont toujours écrits en latin !

Château et églises

Le château des comtes de Toulouse a été construit sur le rempart de la ville romaine. ​On le reconnaît grâce à la « Tour blanche », construite en pierre. C’est un matériau coûteux et rare dans la région, contrairement à la brique utilisée pour le reste du bâtiment.

Dans le reste de la ville, les églises sont agrandies et embellies. Les activités religieuses n’ont pas vraiment changé. Les pèlerins continuent d’affluer. On est loin d’une ville peuplée par des mauvais croyants comme l’affirme le pape !

Visuel du dispositif Trobador représentant un pèlerin
Visuel du dispositif Trobador représentant un carreau de pavement orné d'une fleur de lis

Toulouse au temps du roi

Toulouse appartient désormais au domaine du roi. Ce n’est pas parce que les comtes de Toulouse ont disparu que la ville cesse de se développer. Au contraire, le roi participe à son enrichissement.

Le château des comtes devient royal et se transforme à partir de 1274 : on le redécore avec la fleur de lis du roi. Cette fleur rejoint la croix raimondine dans les symboles que l’on retrouve partout dans la ville, même sur les couvercles en terre cuite…

Visuel du dispositif Trobador représentant un évêque

L’Église fait sa réforme

Critiquée pour ses mœurs et sa richesse, l’Église est en pleine transformation, avant même que la croisade ne démarre. Les papes qui se succèdent réforment l’Église pour affirmer leur pouvoir en considérant qu’ils gouvernent au nom de Dieu et qu’ils sont donc au-dessus de tous les seigneurs. 

Chez les élites, mais aussi au sein même de l’Église, des oppositions naissent. Pour enrayer les contestations, la meilleure des stratégies pour l’Église, c’est d’exclure ceux qui ne veulent pas adhérer aux réformes. On accuse alors d’hérésie quiconque s’oppose au pape et à ses décisions. 

Le juste nom

Grande question que le nom à donner aux personnes accusées d’hérésie ! Aujourd’hui, nous savons que les termes «  Cathares » et « Manichéens » proviennent de l’Antiquité. Si quelques religieux les utilisent au Moyen Âge, ce n’est ni dans notre région, ni précisément à la période qui nous intéresse, ce n’est donc pas vraiment juste… 

En revanche, « Bons hommes » et « Bonnes femmes » sont les noms que les personnes accusées d’hérésie se donnent entre eux, et le terme d’« Albigeois » permet, lui, de désigner les occitans ciblés par la croisade. Ce sont des appellations plus correctes sur le plan historique ! 

Visuel du dispositif Trobador représentant une tablette de cire comportant les mots "Bons hommes", "Bonnes femmes" et "Albigeois"
Visuel du dispositif Trobador représentant une charrette remplie d'objets et menée par un personnage à cheval

Hérésie et archéologie

À Montségur et Cabaret, les objets découverts par les archéologues n’indiquent pas la présence d’une religion particulière… Difficile alors de dire si les pratiques religieuses de ceux qui sont désignés comme étant des hérétiques étaient si différentes de celles normalement acceptées. Cependant attention, ne pas trouver une chose ne veut pas dire qu’elle n’a pas existé ! 

Le Roi et le Pape

Après la croisade, les inquisiteurs sont chargés d’enquêter afin d’identifier l’hérésie et de dénicher tous les opposants au pouvoir central du pape et de son Église. 

Au service de la couronne, ce sont les seigneurs vainqueurs, comme la famille de Lévis venant du nord de la France, qui s’installent dans la région pour stabiliser ce territoire qui est intégré au domaine du roi en 1271. 

Visuel du dispositif Trobador représentant les armes de la famille Lévis
Visuel du dispositif Trobador représentant Peire Cardenal à son pupitre

Les Dominicains à Toulouse

Dans cette lutte contre les hérésies, le pape s’appuie sur des ordres religieux mendiants comme les dominicains vêtus de noir et blanc à partir du XIVe siècle. Leur présence s’affirme à Toulouse par l’installation du couvent sur le rempart de ville à partir de 1230. Après la croisade, en 1233, ces derniers sont, sur demande du pape, à la tête de l’inquisition ! 

Musique : d’après Stanley Yong, The White Stripes – Seven Nation Army [Medieval Style Cover]
Paroles de la chanson : services des publics du couvent des Jacobins et du musée Saint-Raymond (Pierre André, Pierre Catalo, Loussia Da Tos, Valérie Dumoulin, Marie-Claire Garros, Marine Perez, Mathieu Scapin).
Dispositif Trobador : Opixido et les équipes du musée Saint-Raymond et du couvent des Jacobins.
Voix de Peire Cardenal pour la version occitane enregistrée gracieusement par Franc Bardou.
Illustrations tirées de manuscrits : Ms. Codex 724, Kislak Center, Philadelphie et Ms. 107, Bibliothèque municipale, Verdun.