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Un anneau pour les gouverner tous

Presque sept grammes d’or, de grenat et de pâte de verre. Voilà ce qui définit cette incroyable bague, découverte dans un sarcophage d’une femme gothe. Des comme celles-ci, vous n’en trouverez pas des centaines dans le monde : en effet, on n’en connaît pas d’équivalente, que ce soit dans la technique d’orfèvrerie ou dans la décoration du chaton (non, pas le petit animal).

Bague en or. Elle est vue sur le côté. Sur le bas de l’image, on observe l’anneau de la bague qui est assez large. Il est décoré de petites vagues ciselées. Elles encadrées par deux séries de perles, elle-aussi ciselées. Le haut de l’anneau est décoré d’un chaton représentant quatre têtes d’aigles formant une roue. Le contour du chaton et les compartiments formant des têtes d’aigles sont en or. Les compartiments ainsi formés sont remplis par des morceaux de verre de couleur verte et des grenats de couleur rouge sombre.
Photo : Daniel Martin (Licence ouverte-Etalab).

Nous sommes en 2018 quand un sarcophage est fouillé à Seysses, à quelques kilomètres de Toulouse, au sein d’un cimetière composé de 150 tombes. Si le coffre en calcaire a été « visité » dans l’Antiquité, comme l’atteste l’un des coins fracturé, le pillard n’a pas trouvé ce bijou, probablement à cause de sa petite taille ; à moins qu’il ait été dérangé dans sa rapine. Tant mieux pour nous autres, qui pouvons observer cette petite merveille de l’artisanat germanique oriental.

Le large anneau de la bague est décoré de fils d’or soudés les uns aux autres, formant une frise de chevrons et de points. Mais regardons de plus près le chaton, la partie supérieure.
Voyez la composition du cloisonné des grenats et de la verroterie : oui, on repère bien quatre têtes d’aigles formant une ronde, dans un motif que l’on appelle le svastika. Ce symbole particulier se retrouve aussi bien en Europe, qu’en Afrique ou en Amérique ! Il représente tantôt l’infini mouvement, tantôt la fortune ou le Soleil. C’est ce symbole qui est à l’origine de la sinistre croix gammée.

Qu’en est-il de la représentation des têtes d’aigles nous direz-vous ? Là, il y a fort à parier que les Goths ont emprunté aux peuples steppiques d’Asie centrale, comme les Huns, l’animal majestueux qui pouvait être utilisé au moment de la chasse. Un oiseau de proie, aux yeux perçants, accompagnant les cavaliers chevauchant les larges étendues de Mongolie, de Russie, jusqu’en Europe de l’Est. Vous aussi vous le sentez le vent glacial de ces cavalcades sur vos joues rosées ?

Et si vous pensiez que seules les images voyagent, sachez que le grenat de cette bague pourrait venir d’Inde. Cela n’a rien d’exceptionnel quant on sait que les Romains échangeaient déjà avec la Chine de la dynastie des Han, au IIe siècle. Un vrai voyage dans l’espace et le temps.

LE PETIT + AU MUSÉE

Deux pistes de notre audioguide sont dédiées à cet objet.
Un dispositif numérique interactif vous permettra aussi de mieux comprendre le contexte archéologique de sa découverte.

FICHE TECHNIQUE

Désignation
Bague

Matériau
Or, grenat, verroterie

Lieu de découverte
Seysses, Les Boulbènes des Vitarelles (Haute-Garonne)

Date de fabrication
vers 500

Numéro d’inventaire
SP 1096 US 1098-2

Localisation
Parcours permanent, 2e étage

POUR ALLER PLUS LOIN

Chaton de la bague de Seysses. Il s’agit de la partie supérieure de la bague. Le décor est composé de quatre têtes d’aigles tournées vers la droite, formant une roue. Le contour des têtes est réalisé en or, et l’intérieur est garni avec du verre rouge ou de grenats, une pierre fine de couleur rouge sombre. Au centre, un petit carré est rempli d’un cube en verre de couleur verte, tout comme les espaces entre chaque tête d’aigle.
Photo : Daniel Martin (Licence ouverte-Etalab).