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Le mystère Mithra. Plongée au cœur d’un culte romain

Cette exposition a été présentée au Musée Saint-Raymond du 13 mai au 30 octobre 2022

Sculpture en marbre représentant le dieu Mithra portant sur son dos un taureau qu'il tient par ses deux pattes arrières.
Mithra portant le taureau. Sculpture conservée au Musée du Louvre. RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Franck Raux.

Le musée Saint-Raymond, musée d’Archéologie de Toulouse, a déjà consacré plusieurs expositions à de grandes thématiques de l’archéologie antique. En 2022, nous vous invitons à partir à la rencontre du dieu romain Mithra.

Mithra a en effet fait l’objet d’un culte très surprenant dans l’Empire romain entre le Ier et le Ve siècle. Méconnu du grand public, il interpelle les spécialistes depuis plus d’un siècle. Mais depuis quelques décennies, l’archéologie et le réexamen des sources anciennes ont permis de démonter certaines idées reçues. L’exposition permet de remonter aux origines orientales de Mithra, de pénétrer au cœur des sanctuaires qui lui étaient consacrés, de faire connaissance avec ses adeptes et de s’interroger sur les conditions de la disparation du culte. Fidèle à lui-même, le musée Saint-Raymond s’est aussi attaché à faire le lien avec la culture pop. 

Tout au long du parcours, le visiteur découvre de nombreux objets et sculptures venant de toute l’Europe, dont les magnifiques sculptures de Sidon, exceptionnellement prêtées par le musée du Louvre ou l’impressionnant groupe sculpté de Nida venu du musée de Francfort. Certaines sculptures n’ont jamais été exposées en France et les récentes recherches sont illustrées par des objets issus des fouilles de 2010 à Angers. 

Deux dispositifs accompagnent les visiteurs dans leur découverte de l’exposition.

Pastilles sonores au ton décalé
16 pastilles sonores, réalisées par Jean-Christophe Piot et Martin Delafosse, ont permis aux visiteurs de découvrir certains objets de manière humoristiques.

Parcours interactif Mystérieux Mithra
Mystérieux Mithra propose de parcourir l’exposition de manière différente et interactive.
Les visiteurs sont défiés par Mithra qui leur propose de réaliser plusieurs missions avec pour objectif d’atteindre le grade le plus élevé réservé à ses adeptes, celui de pater. Les réponses se trouvent sur les œuvres exposées. Mais Mithra est exigeant : il faudra faire preuve d’observation et d’esprit de déduction…
Ce parcours initiatique tout public peut se faire seul ou en groupe, et être complété ou non par une visite plus classique de l’exposition dans le même temps.
Dispositif réalisé par Loussia Da Tos et Mathieu Scapin (Musée Saint-Raymond) et OPIXIDO.


Mithra et les origines

Mithra en orient

Dieu très ancien, Mithra issu des mondes iranien et indien. La première mention écrite le concernant se trouve dans un traité d’alliance proche-oriental daté du XIVe siècle avant notre ère. Il est, dès cette haute époque, l’une des principales divinités du zoroastrisme, religion pratiquée par certains peuples de l’Iran oriental et d’Asie centrale.
En langue iranienne, le nom de Mithra signifie « contrat ». Mithra est donc un dieu juge, qui apporte prospérité et abondance à ceux qui tiennent parole, et punit ceux qui trahissent.
C’est, semble-t-il, depuis l’Asie Mineure que le dieu gagne l’Empire romain au Ier siècle. On peut supposer que Rome a absorbé, en même temps que Mithra, certains concepts de ce monde gréco-oriental. Il n’est toutefois pas possible d’établir une filiation directe entre le culte romain et ces vénérations plus anciennes de Mithra en Orient. 

Mithra à Rome 

Adorer Mithra n’implique pas nécessairement le rejet des autres divinités. 
À Rome, vivre en paix avec les dieux garantit un destin favorable ; le polythéisme n’y est dicté ni par un Livre, ni par des dogmes mais par le respect de rituels sous la forme de gestes et d’actes inscrits dans la tradition, loin de toute notion de foi ou même de superstition.
Désireux de préserver cette harmonie avec le divin, individus comme autorités intègrent à leur panthéon, en fonction de leurs nécessités, des dieux étrangers « voyageurs » comme Esculape, le dieu de la Médecine, qui est importé de Grèce suite à une épidémie.
Toutefois, d’autres dieux étrangers sont vénérés à Rome sans accéder à la même reconnaissance. Restant cantonné au cadre privé, leur culte relève de la liberté individuelle, sans caractère officiel ou public bien que réglementé et soumis à autorisation. C’est le cas de Mithra.

Reconnaître Mithra

Dans l’Empire romain, l’image de Mithra associe à ces éléments orientaux un visage imberbe et juvénile, une chevelure bouclée rappelant les représentations d’Apollon ou d’Alexandre le Grand. Cette iconographie n’est toutefois pas spécifique à Mithra. Elle correspond à l’image de « l’Oriental ». Le bonnet phrygien permet d’identifier les personnages venant d’Orient comme Attis ou Cautès et Cautopatès, les porteurs de torche qui accompagnent le dieu. Comme dans les représentations les plus anciennes, Mithra porte une tunique plissée et un pantalon bouffant.

Le dieu Mithra enfonce son épée dans la gorge du taureau.
Marbre. Vers 390. Saïda (Liban) – Sidon, province de Syrie-Phénicie. Musée du Louvre, Département des antiquités orientales. Photo : Jean-Baptiste Cyrille-Lytras/Musée Saint-Raymond (Licence ouverte/Etalab).
Mithra tuant le taureau

Des neuf œuvres en marbre qui furent découvertes à la fin du XIXe siècle à Sidon, quatre sont présentées dans cette exposition. Les bases de trois d’entre elles, dont cette tauroctonie, portent une inscription, en grec, qui mentionne non seulement leur donateur, Flavios Gerontios, mais aussi la date de la dédicace : l’an 500 de l’ère de Sidon, qui correspond à l’an 390 de notre calendrier. L’inscription est donc l’une des plus tardives du culte à Mithra. 
Les sculptures ont été exécutées par différents ateliers et pourraient bien ne pas avoir été conçues à la même époque.

Mithra… le mythe

Le récit du mythe

Le premier épisode du mythe est celui de la naissance de Mithra qui est « pétrogène », c’est à dire « né d’une pierre ». Sur les images, il jaillit d’un rocher, nu bien que déjà coiffé du bonnet phrygien et souvent déjà armé et déjà encadré des deux dadophores, Cautès et Cautopatès.
Le deuxième épisode récurrent du récit est celui du pacte : Sol, dieu du jour, envoie un corbeau messager à Mithra lui ordonnant le sacrifice du taureau.
L’épisode suivant est celui qui est le plus représenté : le sacrifice du taureau (tauroctonie). Mithra a capturé le taureau et l’emmène dans une grotte où il procède au sacrifice. Les représentations de cet épisode mettent souvent en scène des animaux : un chien, un serpent, un scorpion, parfois un lion.
Enfin, le récit du mythe s’achève avec l’alliance de Sol et Mithra. Ils se serrent la main dans un geste très représenté, puis ils partagent un banquet, avant l’ascension de Mithra au ciel.

Le mythe en images

Ce n’est pas par les textes que nous connaissons le « mythe de Mithra », mais par les images. Sculptées, gravées ou peintes sur des supports variés, elles mettent en scène des figures bien identifiables : les dieux Mithra et Sol, un corbeau et un taureau, ainsi que les deux dadophores (« porteurs de torches ») Cautès et Cautopatès. 
Limitées en nombre, les scènes semblent illustrer les différents épisodes d’une histoire que l’on cherche, depuis les travaux de Franz Cumont, à recomposer. On en propose parfois une lecture plus symbolique, avec un « sens caché », mais les deux visions peuvent se compléter
Les images diffèrent d’un sanctuaire à l’autre. L’ordre des scènes n’est pas toujours le même et certains épisodes peuvent ne pas apparaître. Ces différences s’expliquent : le choix des images est sans doute lié aux rituels, qui peuvent varier selon le lieu, l’époque ou les décisions du pater, organisateur du culte de sa communauté.

Fragment d'un relief en marbre représentant le banquet de Sol et de Mithra. La description détaillée figure dans le texte.
Marbre d’Estremoz. IIe-IIIe siècle. Tróia, Grândola (Portugal) – Caetobriga, province de Lusitanie. Collection privée de M. José Narciso et sa famille, Lisbonne (Portugal). Photo : José Paulo Ruas.
Le banquet de Mithra et Sol

Sur cet étonnant relief brisé, présenté au public pour la première fois, on reconnaît, à gauche, un bout de la tauroctonie dont ne subsistent que la figure de Cautopatès, l’extrémité de l’une des pattes du taureau ainsi que le buste de Luna. Le panneau de droite représente le banquet réunissant Sol et Mithra. 
Les deux divinités sont ici allongées, comme il se doit pour un repas convivial dans l’Antiquité romaine. Leur alliance est exprimée par la main droite de Mithra, posée sur l’épaule de son nouvel acolyte. Sol est caractérisé par le nimbe rayonnant (disque de lumière indiquant son statut divin). Un serpent, symbole positif, vient s’abreuver à un grand vase de type cratère. 

Le sanctuaire et ses rites

Un temple original

Les temples à Mithra (mithréums) sont souvent implantés dans des structures déjà existantes : bâtiments artisanaux ou commerciaux, sous-sols d’édifices publics ou d’immeubles. Certains peuvent toutefois être élevés sur des terrains vierges et d’autres intégrés dans de grandes demeures rurales (les villae).
Ces sanctuaires, édifiés par la communauté des adeptes et non par la puissance publique, sont bâtis à partir de matériaux peu coûteux (bois, terre…). Leur taille réduite indique qu’ils accueillaient un nombre limité de fidèles.
Les mithréums sont très différents des autres temples du monde romain. Ils évoquent la grotte, lieu central du récit mythologique et ils sont généralement semi-enterrés ou installés en sous-sol. Quand ils sont bâtis en élévation, les murs demeurent aveugles afin d’obscurcir l’espace. Certains sanctuaires ont même été aménagés dans de véritables grottes.
L’espace principal, où se déroule le culte, est une longue salle voûtée, dotée de banquettes. Cet antre est souvent précédé d’un vestibule. L’entrée est déportée sur le côté afin de dissimuler l’espace cultuel depuis l’extérieur. Parmi les pièces annexes se trouve notamment un espace destiné au stockage des vases et autres objets sacrés utilisés lors des cérémonies, et la cuisine, lieu de préparation des repas communautaires.

Au cœur du sanctuaire

Le lieu d’accomplissement du rituel est un espace théâtralisé. Murs et banquettes sont colorés, imitant parfois le marbre. Voûte ou plafond ornés de motifs étoilés renvoient à la dimension cosmique du mythe.
Des lampes à huiles, assemblées en lustres ou disposées sur les banquettes, sur de petits autels ou dans des niches, produisent des jeux d’éclairage dans une pénombre qui rappelle la grotte dans laquelle Mithra mit à mort le taureau. Cette évocation, associée aux agencements particuliers des décors et du mobilier, achève de théâtraliser l’ambiance.
Les statues des deux dadophores, Cautès, levant la torche, et Cautopatès, abaissant la sienne, à l’image de gardiens du temple, peuvent accueillir les adeptes, du côté de l’entrée du spelaeum.
Au fond, derrière l’autel principal, l’image de la tauroctonie domine le long espace central. Souvent surélevée sur un podium, parfois placée dans une abside décorée, elle est l’élément principal du culte et se trouve souvent associée à une représentation de la naissance de Mithra. Aux sculptures peuvent aussi se substituer des fresques.
D’autres épisodes viennent parfois enrichir le récit mythologique sous forme de petites scènes, sculptées ou bien peintes, autour de la tauroctonie.

Les deux dadophores : es statues des deux dadophores, Cautès, levant la torche, et Cautopatès, abaissant la sienne.
Les deux personnage sont vêtus d'une tunique courte et d'un manteau. Il porte un bonnet phrygien sur leur chevelure bouclée. Ils sont accoudés chacun  contre un tronc d'arbre.
Calcaire. Début du IIIe siècle. Francfort-Heddernheim (Allemagne), sanctuaire de Mithra (mithréum III) – Nida, province de Germanie Supérieure. Archäologisches Museum, Francfort-sur-le-Main (Allemagne)
Cautès et Cautopatès

Nida est le nom de la ville romaine qui occupait le territoire nord-ouest de Francfort-sur-le-Main (Allemagne) où plusieurs sanctuaires ont été découverts et d’où ces statues sont extraites. 

Les communautés d’adeptes

Une pratique de groupe

Constituées d’un petit nombre d’adeptes, les communautés financent l’entretien du sanctuaire dans le cadre d’un culte non reconnu officiellement par l’État romain. Si plusieurs d’entre elles peuvent coexister sur un même territoire et entretenir des contacts, ces communautés restent autonomes.
Sans autorité centralisée, il semble que chaque groupe d’adeptes s’organise à sa manière. Certains de ces groupes prennent la forme d’associations reconnues par les pouvoirs publics. 
Bien que l’accès au sanctuaire reste réservé aux membres des communautés, ces dernières ne sont pas clandestines. D’ailleurs, à partir du IIIe siècle, les mithréums sont bien visibles dans l’espace urbain ; l’idée d’un culte marginal et secret est donc peut-être à nuancer…

Mithra : pour qui ?

Le culte mithriaque surprend par la diversité de ses adeptes. Les communautés se forment souvent dans un cadre professionnel, entre soldats d’une même légion, entre fonctionnaires, comme ceux de l’office des douanes, entre artisans ou commerçants, entre employés d’une même structure. Elles se réunissent parfois dans des sanctuaires aménagés directement sur leur lieu de travail.
Ces communautés peuvent aussi se constituer au niveau d’un quartier ou sur la base de relations personnelles. L’adhésion au culte peut aussi relever d’une tradition familiale, comme le révèlent les inscriptions.
Les relations entre communautés expliquent qu’un même individu pouvait pratiquer des offrandes dans plusieurs sanctuaires. Très probablement pouvait-on intégrer une nouvelle communauté après disparition de celle dont on dépendait. Certains adeptes, particulièrement mobiles et influents, ont pu fonder de nouveaux groupes au cours de leurs déplacements.

Où sont les femmes

Les travaux de Franz Cumont ont fortement contribué à forger l’image d’un culte lié à la sphère militaire et exclusivement pratiqué par des hommes. En l’occurrence, on ne rencontre aucun nom féminin dans les inscriptions associées au culte de Mithra.
Les réseaux sociaux ou professionnels par lesquels les communautés se formaient ont en effet pu contribuer à attirer majoritairement des hommes. Ce constat n’implique cependant pas nécessairement une exclusion des femmes, lesquelles ont pu exercer des fonctions spécifiques que ne reflète pas l’épigraphie.

Statue représentant un homme revêtu d'une simple tunique courte et appuyé sur une pelle.
Archäologisches Museum, Francfort-sur-le-Main (Allemagne).
Adepte du grade du lion tenant une pelle à feu (objet restauré)

Basalte antique et plâtre moderne pour les parties restituées. Début du IIIe siècle. Francfort-Heddernheim (Allemagne), mithréum III – Nida, province de Germanie Supérieur. Archäologisches Museum, Francfort-sur-le-Main (Allemagne).

Un culte réservé aux initiés

Dans l’Antiquité, le terme « mystère » est utilisé pour souligner la dimension secrète de certains cultes, caractérisés par une initiation conférant savoir philosophique et transformation spirituelle. Franz Cumont voyait dans les « religions orientales » à mystères une préfiguration des thèmes chrétiens de la révélation et du salut de l’âme. Cette vision est aujourd’hui remise en question.
Dans le mithréum de Santa Prisca (Rome), certains graffitis pourraient bien évoquer la renaissance symbolique et la progression morale que permettait l’initiation. Ces thèmes transparaissent aussi chez le philosophe Porphyre à la fin du IIIe siècle. On ne peut toutefois pas affirmer qu’ils étaient partagés par tous les groupes d’adeptes.

Des grades : une hiérarchie ?

L’organisation interne des communautés mithriaques paraît être structurée en « grades ». Au IVe siècle, Saint Jérôme en recense sept : corbeau (corax), fiancé (nymphus), soldat (miles), lion (leo), perse (perses), héliodrome (heliodromus) et père (pater). Ce dernier niveau est le plus élevé et semble désigner les chefs des communautés chargés de l’organisation des cérémonies. 
Mais ce système pose question : les grades concernent-ils tous les membres d’une même communauté ? S’agit-il d’une « élite » interne au groupe ? D’une progression initiatique ? Ne s’agissait-il que de fonctions liturgiques ? De niveaux de responsabilités dans le groupe ?
Un constat : si corbeau, lion et pater apparaissent très souvent dans les inscriptions, les quatre autres grades pourraient être plus tardifs dans l’histoire du culte. De plus, ils pourraient ne pas concerner l’ensemble des sanctuaires mais seulement quelques-uns. 

Chaton d'une bague gravée portant la représentation d'une tauroctonie.
Photo : Serge Oboukhoff / BnF-CNRS – Maison Archéologie & Ethnologie, René-Ginouvès.
Bague à intaille avec Mithra sacrifiant le taureau

La tauroctonie, en tant que scène principale du mythe, est un thème également retenu pour les gemmes. Objets plus intimes, les pierres gravées autorisent une plus grande liberté de composition des images et de combinaisons possibles.

Calcédoine. époque romaine impériale. Provenance inconnue. Bibliothèque Nationale de France, Ancienne collection James Millingen, Paris. 

L’épilogue

La mort d’un dieu

Il n’est pas rare de voir des sanctuaires fermer, même durant la période de pleine expansion du culte. Plusieurs raisons sont possibles : crises internes entre adeptes, appauvrissement de certaines communautés financièrement fragiles, déplacement vers des lieux de vie plus dynamiques ou encore simple désintéressement à l’égard du dieu. 
Au IVe siècle, le christianisme est reconnu par le pouvoir impérial. On constate une forte et rapide diminution de la construction des sanctuaires consacrés à Mithra comme, apparemment, de leur entretien et de nombreux mithréums sont abandonnés.
Cependant, les chrétiens sont loin d’avoir été les seuls responsables de cette situation. Et si des militaires romains chrétiens eux-mêmes ou encore l’administration impériale semblent, dans certains cas, responsables de l’abandon des mithréums, d’autres raisons se dégagent.
Sur la frontière de l’Empire romain, ce sont les peuples « barbares » qui semblent être à l’origine des actions violentes à l’encontre des sanctuaires mithriaques. 
En Germanie Supérieure, dès le IIIe siècle, on constate une sorte de « mise à mort » rituelle des sculptures, décapitées. Dans les régions frontalières, où Mithra demeurait fortement associé à l’armée romaine, briser les images divines représentait sans doute un acte belliqueux fortement symbolique. 
Enfin, des catastrophes naturelles ou encore la fragilisation des structures ont également entraîné des effondrements qui ne seront suivis d’aucune restauration.

Tête représentant un homme au cheveux bouclés. Sans doute s'agit-il de Mithra.
Photo : H. Paitier / Inrap.
Tête de Mithra

Au début du Ve siècle, le mithréum d’Angers est détruit par un incendie, et les images du sanctuaire subissent des destructions intentionnelles. La tête du Mithra tauroctone est arrachée, le relief réduit en morceaux. Le visage d’une statue du Cautopatès, à l’entrée du spelaeum, a même été entièrement martelée. Faut-il voir une conséquence de l’interdiction des cultes païens par l’empereur Théodose prononcée un peu plus tôt, en 392 ? La disparition du culte est-elle liée à l’essor du christianisme déjà implanté dans la région ? Ni l’archéologie, ni les textes ne permettent de le dire…

Calcaire. Troisième quart du IIe siècle. Angers (Maine-et-Loire), mithréum – Juliomagus, province de Gaule Lyonnaise. Centre de conservation et d’étude du Maine et Loire; Angers. 

Dans les médias

Émissions de radio

L’art est la Matière, France Culture, 5 juin 2022
Le cours de de l’histoire, France Culture, 6 juin 2022
Carbone 14, France Culture, 11 juin 2022

Vidéos

Interview de Pascal Capus, co-commissaire de l’exposition,  réalisée par la chaîne YouTube Mysteria.

Sur notre chaîne YouTube

Sur notre chaîne YouTube, retrouvez de nombreuses vidéos produites à l’occasion de cette exposition. Elles sont rassemblées dans une playlist.


Crédits

COMMISSARIAT
Laure Barthet, conservatrice en chef du patrimoine et directrice du musée Saint-Raymond
Margaux Bekas, conservatrice du patrimoine au musée Saint-Raymond
Pascal Capus, attaché de conservation du patrimoine au musée Saint-Raymond

COMMISSARIAT ASSOCIÉ
Nicolas Amoroso, musée Royal de Mariemont (Belgique)
Laurent Bricault, université de Toulouse – Jean Jaurès
Alexandra Dardenay, université de Toulouse – Jean Jaurès
Wolfgang David, directeur du musée Archéologique de Francfort (Allemagne)
Richard Veymiers, directeur du musée Royal de Mariemont (Belgique)
Carsten Wenzel, musée Archéologique de Francfort (Allemagne)

COORDINATION DU PROJET
Jean-Baptiste Cyrille-Lytras, musée Saint-Raymond

MUSÉOGRAPHIE
Laure Barthet, Margaux Bekas, Pascal Capus, Jean-Baptiste Cyrille-Lytras, Loussia Da Tos et Mathieu Scapin (médiateurs culturels)

SCÉNOGRAPHIE
Emmanuelle Sapet et Claire Van Der Boog, Direction de la communication – Mairie de Toulouse

GRAPHISME
Teddy Bélier Design