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Chaux must go on

Le réaménagement du sous-sol du musée a donné lieu à des fouilles archéologiques entre 1994 et 1996. De nombreux vestiges ont été mis au jour, dont un four daté de la fin de l’Antiquité. On y faisait brûler des blocs de marbre pour fabriquer de la chaux, un matériau utilisé par exemple dans la fabrication de mortier.

Le four est vu du dessus, légèrement de côté. Il est de forme circulaire. Les côtés s’évasent vers le haut. Ils sont constitués de briques placées en arêtes de poisson. Au niveau de la base du cercle se trouve une surface plane. Sur cette surface sont placés des fragments de sarcophages et de pierres décorés de motifs géométriques. Au centre de cette surface il y a une fosse rectangulaire dont on peut apercevoir les briques qui la constituent. Cette fosse recevait le chargement en bois.
Photo : François-Louis Pons (Licence ouverte-Etalab).

Ce four a été découvert tel que vous pouvez toujours le voir aujourd’hui : entouré de sarcophages antiques. Il a été installé vers le milieu du IVe siècle au cœur de la nécropole située au nord de Tolosa, à l’extérieur de la ville, selon la pratique antique.

Aucun vestige de nourriture n’y a été retrouvé et pour cause : c’est de la pierre qu’on y brûlait ! Du marbre et du calcaire, plus précisément, qui permettent d’obtenir la meilleure chaux. Des morceaux de sarcophages ou des statues brisées étaient empilés sur les banquettes du four, de part et d’autre du couloir central qui accueillait le feu, jusqu’à former un dôme qui pouvait atteindre 4 m de hauteur. Après une combustion à plus de 1000° C qui durait plusieurs jours, les blocs de marbre se transformaient en chaux vive qu’il fallait éteindre en l’aspergeant ou en la plongeant dans de l’eau. La chaux éteinte était ensuite utilisée pour faire du mortier ou bien réaliser des fresques.

Mais pourquoi construire un four à chaux à cet endroit ? Son utilisation était sûrement liée à la construction, au début du Ve siècle, d’une basilique dont des vestiges ont été retrouvés sous le chevet de la basilique Saint-Sernin actuelle. Proche du chantier de construction, le four a ainsi pu le fournir en chaux, une des matières premières nécessaires à la fabrication d’un mortier de qualité.

Reste la question de l’alimentation du four. Même s’il était entouré de sarcophages, dont certains en marbre, les blocs qui y étaient brûlés ne provenaient pas de ces tombes. Il y avait probablement un atelier de taille de pierre près de la nouvelle basilique et du four à chaux, qui pouvait fournir à la fois le chantier en sculptures et la nécropole en sarcophages… et dont les pièces brisées pouvaient être recyclées grâce au four.

Le four a été soudainement abandonné entre 370 et 460, alors que la dernière combustion n’était pas achevée, ce qui a permis aux archéologues de retrouver des blocs sculptés avec des décors encore visibles. Avec leurs feuilles de lierre ou de vigne et leurs motifs d’imbrications, ils illustrent parfaitement le style typique de la sculpture dans le Sud-Ouest de la Gaule à la fin de l’Antiquité.

LE PETIT + AU MUSÉE

Avec le dispositif de médiation Chaux must go on, découvrez ce four autrement en actionnant notre « infos et lumières ».
La visite flash Un site archéologique sous le musée explore l’histoire du bâtiment et des vestiges archéologiques conservés au musée. Consultez notre agenda pour savoir quand elle sera proposée (visite de retour en 2025).

FICHE TECHNIQUE

Désignation

Four à chaux

Matériaux

Brique, argile, calcaire, galets

Lieu de découverte

Sous-sol du musée Saint-Raymond (toujours en place)

Date de construction

Milieu du IVe siècle

Localisation

Parcours permanent, sous-sol

POUR ALLER PLUS LOIN

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Le four est vu du dessus, légèrement de côté. Il est de forme circulaire. Les côtés s’évasent vers le haut. Ils sont constitués de briques placées en arêtes de poisson. Au niveau de la base du cercle se trouve une surface plane. Sur cette surface sont placés des fragments de sarcophages et de pierres décorés de motifs géométriques. Au centre de cette surface il y a une fosse rectangulaire dont on peut apercevoir les briques qui la constituent. Cette fosse recevait le chargement en bois.
Photo : François-Louis Pons (Licence ouverte-Etalab).