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Place Saint-Sernin. Tél : 05 61 22 31 44. Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h.

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Les Mercredis de l'archéologie : Accessoires, parures et vêtement au fil des âges
« Montre-moi ce que tu portes et je saurai qui tu es ». Ce détournement du célèbre adage de Jean-Anthelme Brillat-Savarin « Dis-moi ce que tu manges et je saurai qui tu es » illustre de manière exemplaire le rôle joué par l’ornementation corporelle dans les sociétés humaines. Au-delà du strict aspect esthétique, les éléments de parure constituent en effet des éléments de reconnaissance unique permettant de révéler le statut social de l’individu, sa position hiérarchique dans la société, son âge, son genre ou encore son appartenance à un groupe ethnique particulier. Véritable outil de communication interpersonnelle, la parure peut aussi revêtir des fonctions rituelles ou magiques à l’instar des amulettes ou autres talismans. Faisant souvent l’objet d’échanges, ces objets sont, pour les archéologues, des éléments clés pour la reconstitution des réseaux de circulation et des territoires culturels des sociétés du passé et cela dès le Paléolithique récent aux alentours de 40 000 ans. Mais au-delà de cet aspect, les objets de parure offrent aussi un prisme de lecture privilégié permettant de percevoir l’organisation symbolique et sociale des sociétés passées. Ce nouveau cycle des Mercredis de l’Archéologie sera l’occasion, pour les chercheurs de TRACES, de présenter les avancées les plus récentes sur ces questionnements depuis le Paléolithique jusqu’au Moyen Age.


Approche holistique des parures prédynastiques : quelles informations pour l'archéologie ?

Par Mathilde Minotti
(Docteure en archéologie, membre associée au Laboratoire TRACES)

À travers les études sur les cultures matérielles, on cherche à caractériser les sociétés qui les produisent en dégageant des manières de faires communes au sein de l’entité considérée. Depuis les travaux de Kossinna (1919) ou de Child (1929), on considère qu’une norme réifiée par une culture matérielle caractériserait le groupe humain. L’étude des parures permet de sonder une activité humaine qui n’a pas de rapport direct avec les besoins essentiels de subsistance. En cela, l’étude du mobilier ornemental rejoint les travaux sur l’Art des sociétés passées et la place parmi les productions symboliques. Dans le cadre d’une analyse systémique des parures prédynastiques (IVème millénaire avant notre ère) à Adaïma (Haute Egypte), trois domaines ont été définis : le technique, l’esthétique et le fonctionnel. Ce morcèlement fut nécessaire pour aborder méthodiquement l’organisation des différentes étapes du cycle de vie des parures, pour décrypter le rapport entre la culture matérielle et l’organisation sociale des groupes humains examinés. Que peut-on réellement déduire à partir du mobilier ornemental archéologique ? Quelles informations ce prisme nous fournit-il sur les composantes d’une société ? Les interprétations habituelles de la parure comme langage, moyen d’échange, renseignement sur les statuts des porteurs, objets identitaires (collectifs ou individuelles) ou objets de richesse, sont-elles appropriées ?

Le mercredi 15 mai, 18:30-20:00
Gratuit. Réservation obligatoire (à partir du 24 avril).
Collier découvert dans la tombe d'un enfant à Adaïma
Collier découvert dans la tombe d'un enfant à Adaïma

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