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MSR, Musée Sain MSR, Musée Sain


Place Saint-Sernin. Tél. : 05 61 22 31 44. Ouvert 7/7, de 10:00 à 18:00. Gratuit pour les - 18 ans. Gratuit pour tous chaque premier dimanche du mois.


Reine de Palmyre




Ce relief funéraire dit de la "reine de Palmyre", est un don de Mme Delmas en 1940. Il provient de la collection privée du médecin-général Delmas.
Datation : IIIe siècle de notre ère
Calcaire local.
Dimensions en cm : 54 (H), 44 (l), 17,5 (Ep.)

Cette plaque est un élément de fermeture d'un des petits côtés de tombeau, appelé loculus. Selon les usages funéraires, la défunte y est représentée en buste alors que son nom n'apparait pas.
La tête et le torse se détachent en haut-relief. En arrière plan, une étoffe est représentée, fixée par deux rosaces recourbées et composées de six pétales et de deux palmes orientées vers le portrait. Ce tissu orné, appelé parapetasma, fait l'objet de deux interprétations : la première marque la séparation entre le monde des vivants et celui de morts ; la seconde renvoie à l'appareil rituel des funérailles, probablement relatif au banquet funèbre.

Les palmes s'expliquent par leur fonction prophylactique, par l'effet de bon augure attendu de ces rameaux verts.  La double palme est, pour d'autres encore, l'insigne de la victoire conquise sur la puissance hostile du trépas.
Symbole funéraire quoi qu'il en soit, la double palme est peut-être même symbole d'immortalité.

Le geste de la main droite qui maintient en place le manteau à hauteur du coude gauche se retrouve sur plusieurs reliefs, dans une position naturelle que l'Antiquité gréco-romaine a généralement associée à l'image de Pénélope. Il s'agit d'un geste d'attente prolongée, d'incertitude devant l'avenir.

Moins richement parée que certaines Palmyréniennes de ces plaques de tombeaux, la femme de cet exemplaire toulousain n'a certes rien d'une "reine de Palmyre" : un bandeau frontal sous la coiffe emprisonne la plus grande partie des cheveux ; des boucles d'oreille, deux colliers et une bague à l'annulaire, tous relativement simples, complètent la parure ; la fibule et le bandeau sont seuls détaillés avec quelque recherche. Aucun bracelet n'orne les poignets, ce qui est plutôt rare dans le cas de femmes portant une tunique aux manches larges ou sans manches.

La chevelure peignée en larges bandeaux ondés sur les tempes caractérise une série de portraits que quelques exemplaires datés ou attribuables à des familles dont on peut suivre le développement sur plusieurs générations autorisent à placer dans la seconde moitié du IIe ou la première moitié du IIIe siècle de notre ère. Le relief de Toulouse date plus vraisemblablement de cette deuxième période.
Pour cette coiffure précisément et la relative sobriété de la parure, pour le geste du bras droit, l'extrême frontalité de toute la figure, le plissé assez plat du vêtement mais aussi divers détails de facture, on le rapprochera d'une plaque de l'hypogée (tombe creusée dans le sol) de la famille d'Artaban et surtout d'une de celles du Louvre ; ce n'est pas l'œuvre d'un même sculpteur, mais il sort peut-être du même atelier que cette dernière.

Ce portrait plutôt stéréotypé ne présente guère de traits individualisés. Production de série assez médiocre, il n'en est pas moins, en dehors des musées syriens de Damas et Palmyre, et des collections de Copenhague et du Louvre, un intéressant exemple de ces plaques de fermeture des loculi de la nécropole qui laisse entrevoir tout un pan de la population de l'oasis.

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