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1 Ter place Saint-Sernin 31000 Toulouse Tél. : 05 61 22 31 44. Ouvert 7/7 de 10 h à 18 h.

La villa romaine de Chiragan


© J.-B. Pech
© J.-B. Pech
Toutes les œuvres du premier étage proviennent de Martres-Tolosane, un village situé à une soixantaine de kilomètres au sud-ouest de Toulouse. Elles ont été découvertes au niveau du lieu-dit Chiragan, sur l’emplacement d’une immense villa romaine située en bordure de la Garonne et de la route qui menait à Tolosa.

Les bâtiments

Une villa romaine a avant tout une vocation agricole. Elle permet la production et l’accumulation des produits de la terre au cœur d’un domaine. Une villa est aussi un lieu de luxe où le propriétaire peut prouver sa richesse et sa culture à travers une magnifique architecture et des décorations peintes et sculptées parfois fastueuses.
Il semblerait que la villa de Chiragan ait été occupée du Ier au IVe siècle. Seize hectares de bâtiments ont été repérés et on pourrait imaginer que le domaine que cette gigantesque villa commandait, aurait pu atteindre les mille hectares. Parmi l’ensemble des bâtiments, on peut distinguer deux types d’affectation. Ceux liés à l’exploitation agricole et ceux, véritables palais, destinés au maître des lieux : portique monumental, nombreux jardins, petites cours intérieures, ensemble thermal...

La sculpture liée à l’architecture

Des centaines de placages de marbre de toutes sortes témoignent de la somptuosité de la villa. Ces fragments de pilastres ou de jambages de porte sont caractérisés par la richesse des rinceaux formés de feuilles d’acanthe. Si l’on observe bien les détails, on distingue une foule d’insectes et de petits animaux.

© J.-F. Peiré
© J.-F. Peiré

Les travaux d’Hercule


Ces sculptures datant de la fin du IIIe siècle représentent l’un des ensembles majeurs du musée.
Il faut probablement les imaginer intégrées au niveau supérieur des murs d’une très grande salle ou d’un long portique de la villa de Chiragan. On ne doit pas non plus oublier que les œuvres étaient rendues très expressives grâce aux couleurs vives, aujourd’hui disparues, qui recouvraient en grande partie la sculpture.

Chaque scène est composée comme un tableau et rapporte une des épreuves infligées à Hercule pour racheter ses fautes. Rendu fou par Héra, sa belle-mère, il avait tué tous ses enfants.

© J.-F. Peiré
© J.-F. Peiré

Les médaillons des dieux


Six grands médaillons ornés de bustes sont exposés. Au moins une douzaine de sculptures de ce type étaient présentes dans la villa de Chiragan. Ainsi, les trois grosses têtes isolées, sur socle, étaient à l’origine placées dans un cadre circulaire. La présentation d’un personnage sur une forme circulaire rappelant un bouclier a été très appréciée à l’époque romaine. On la retrouve par exemple dans l’argenterie ou sur les sarcophages de marbre des grandes familles. Ici, il s’agit de dieux. On reconnaîtra notamment Minerve, déesse de la sagesse, de la guerre et de l’artisanat, reconnaissable à son casque et à la cuirasse couverte d’une peau de chèvre, appelée égide, sur laquelle apparaît la tête de la gorgone Méduse, ce monstre mythologique qui change en pierre quiconque croise son regard.

La villa romaine de Chiragan

Les répliques de sculptures grecques


En Grèce ancienne, le bronze était le matériau le plus utilisé par les sculpteurs. La technique employée pour travailler ce métal permettait de restituer les détails de l’anatomie avec plus de précision que la pierre ou le marbre. Mais dès l’Antiquité, les bronzes antiques ont été fondus et le métal réutilisé. Nous avons donc perdu la totalité, ou presque, de la sculpture grecque.

Dès la conquête du monde grec par Rome, les grandes sculptures de bronze, immédiatement appréciées par les nouveaux conquérants, ont été copiées et démultipliées dans le marbre ; même si des variantes, dans les gestes ou les poses, peuvent apparaître par rapport à l’œuvre initiale. Ces copies romaines, représentant des dieux et des héros, décoraient les demeures des plus riches. Les œuvres découvertes dans la villa de Chiragan en témoignent bien. Chiragan se distingue surtout par le nombre impressionnant de copies romaines découvertes en un seul et même lieu.
Ces sculptures ont été taillées dans les ateliers de Rome, avant d’être exportées.

© J.-F. Peiré
© J.-F. Peiré

La galerie des empereurs


Dès les premières fouilles de la villa de Chiragan, en 1826, des dizaines de portraits romains en marbre sont mis au jour. Ils forment aujourd’hui l’une des plus importantes collections d’Europe et la deuxième en France après celle du Louvre.
La villa de Chiragan a ainsi accueilli, pendant plus de quatre siècles, les portraits des empereurs romains successifs et deux de leurs épouses.
À côté des portraits impériaux, de nombreux autres bustes sont des représentations de personnes qui pour nous sont inconnues : des hommes proches du pouvoir, très certainement.


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