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MSR, Musée Sain MSR, Musée Sain


Place Saint-Sernin. Tél. : 05 61 22 31 44. Ouvert 7/7, de 10:00 à 18:00. Gratuit pour les - 18 ans. Gratuit pour tous chaque premier dimanche du mois.


Bijoux celtes




Cinq torques découverts lors du percement du canal latéral à la Garonne, en 1841, au lieu-dit « Les Maouris » à Fenouillet (Haute-Garonne). © J.-F. Peiré
Cinq torques découverts lors du percement du canal latéral à la Garonne, en 1841, au lieu-dit « Les Maouris » à Fenouillet (Haute-Garonne). © J.-F. Peiré
Ce magnifique ensemble d’orfèvrerie datant de la fin du IIIe siècle avant notre ère a été découvert au XIXe siècle, près de Toulouse.
Il s’agit de colliers celtes qui portent le nom de torques car le jonc de métal se compose de fils torsadés.
Produits massivement en Europe occidentale dès 1500 avant notre ère, ils sont portés par les femmes.

Au début de l’âge du Fer, entre 800 et 450 avant notre ère, ils deviennent l’apanage des princes et des guerriers. Ces derniers déposaient ces précieux bijoux dans des sanctuaires, sous la protection des dieux. Ils les récupéraient avant de partir au combat, se chargeant ainsi d’une ardeur belliqueuse supérieure. Ils offraient ensuite leur victoire à la divinité qui leur avait assuré force et courage.

Les torques connaissent leur plus grand succès entre 450 et 50 avant notre ère, les progrès de l’orfèvrerie permettant la création de pièces de plus en plus fines et complexes.

Ces colliers d’or témoignent de la présence, dans le Toulousain, dès le IIIe siècle avant notre ère, de Celtes : les Volques Tectosages.
Enfouis dans une zone vraisemblablement humide, soit ils étaient une offrande à une divinité en lien avec l’eau, soit ils étaient utilisés comme marqueur d’une limite de territoire.
Ils ne sont pas sans rappeler l’histoire de l’or de Tolosa. Si le pillage des étangs sacrés des Tectosages, organisé en représailles par le consul romain Caepio, est un fait historique avéré, la légende a supplanté l’histoire. L’or des Tectosages proviendrait de la mise à sac du sanctuaire d’Apollon à Delphes en 279 avant notre ère. Pour enrayer le courroux de la divinité grecque, les Tectosages n’avaient pas eu d’autre choix que d’offrir cet or à leur propre divinité. Caepio lui-même ne le porta pas à Rome ; il fut dépouillé en cours de route, ce qui entraîna sa déchéance et celle de sa famille.
Par la suite, l’expression « avoir l’or de Tolosa » signifiait que bien mal acquis ne profite jamais.

Cinq torques découverts lors du percement du canal latéral à la Garonne, en 1841, au lieu-dit « Les Maouris » à Fenouillet (Haute-Garonne).

Or.

Fin du IIIe ou début du IIe siècle avant notre ère.
Inv. 25045 à 25049.


Parure découverte à Lasgraïsses (Tarn) © J.-F. Peiré
Parure découverte à Lasgraïsses (Tarn) © J.-F. Peiré
Mise au jour fortuitement au XIXe siècle, cette parure se compose de deux bijoux : un collier et un brassard ou anneau de cheville – les spécialistes divergent sur l’interprétation. La description du contexte de découverte ne permet pas de déterminer le rite qui a présidé à son enfouissement : funéraire ou offrande ?

Il s’agit d’une parure guerrière telle que les portaient, selon les auteurs latins, les guerriers celtes.

Les deux bijoux évoquent des couronnes naturelles de fleurs. Sur le torque, un ruban s’enroule autour des tiges fleuries, il rappelle ainsi la torsade du torque.
Le brassard donne l’impression que l’on a superposé deux bracelets constitués de bouquets qui sont rassemblés, côte à côte et face à face, de manière à former une alternance de nodosités fleuries et de dépressions lisses constituées par les tiges qui sont comme enserrées dans un tissu.

Les deux bijoux se distinguent par leurs aspects technologiques.
Pour fabriquer le brassard, l’orfèvre a utilisé un cylindre en tôle d’or dont les motifs ont été faits au repoussé puis retravaillés. Par soudure, il l’a associé, à l’intérieur, à un autre cylindre lisse.
En revanche, plusieurs éléments du collier ont été mis en forme par une technique différente : la coulée à la cire perdue sur un noyau en argile. Ils ont été ensuite assemblés par soudure. Les deux parties du collier s’ajustent à l’arrière au moyen d’un fermoir à crochet bloqué par une goupille coulissante et sur le devant par deux tampons richement décorés. Le bijou plus petit ne s’ouvrant pas, son diamètre tendrait à prouver qu’il s’agit d’un brassard.

L’influence du travail des orfèvres grecs de l’Italie du Sud est perceptible, notamment dans la technique des pétales et l’aspect baroque du décor.

Parure découverte à Lasgraïsses (Tarn), en 1885.

Or.

Fin du IIIe siècle avant notre ère.
Inv. 25043 et 25044.


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