MSR, Musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse
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1 Ter place Saint-Sernin 31000 Toulouse Tél. : 05 61 22 31 44. Ouvert 7/7 de 10 h à 18 h. Gratuit pour les enfants.

Archive : L'Empire de la couleur. De Pompéi au sud des Gaules

Exposition temporaire. Du 15 novembre 2014 au 22 mars 2015


(c) J.-F. Peiré
(c) J.-F. Peiré
Cette exposition est un événement à plus d’un titre : Toulouse n’avait encore jamais organisé un tel regroupement de fresques antiques.
Les peintures romaines exposées proviennent de Rome, du golfe de Naples et des provinces romaines de Narbonnaise et d’Aquitaine. Des parois peintes de ce sud des Gaules, dont certaines ont été exceptionnellement remontées ou restaurées pour l’occasion, sont ainsi confrontées, de manière tout à fait inédite, à des « modèles » italiens dont les œuvres sont généreusement prêtées par le musée du Louvre et le musée archéologique national de Naples.
Durant l’Antiquité romaine, à l’image de nos préoccupations esthétiques contemporaines, chaque génération éprouvait le besoin de faire repeindre ses murs, selon la mode du temps. Mais la question sous-jacente de l’exposition demeure celle des ateliers et de la circulation de ces peintres-décorateurs qui ont permis la diffusion à très grande échelle des motifs, des grands tableaux mythologiques, des paysages ou des natures mortes, bien connus à Pompéi ou Herculanum. Ainsi peut-on constater, dans le sud des Gaules, d’un côté une grande fidélité et de l’autre une autonomie marquée à l’égard des des décors élaborés en premier lieu à Rome, centre du pouvoir.
Les sociétés grecques puis romaines ont présenté des habitats individuels et des bâtiments publics dont les murs étaient recouverts d’enduits puis peints. Cette « peau » de la paroi servait à la fois de protection et de support décoratif.

Les Grecs ont largement entrepris de décorer les murs de leurs plus belles demeures et bâtiments aux IVe et IIIe siècles avant notre ère. Cette mode sera reprise en Italie au IIe siècle avant notre ère, au moment où Rome envahit les terres grecques et s’approprie les modes d’ornementation des intérieurs. Ce sont les classes sociales les plus aisées qui s’emparèrent du style grec, tant dans la décoration que dans le niveau de confort intérieur. La ville de Pompéi se transforme, les maisons italiques prennent une architecture et un apparat « à la grecque » avec des mosaïques au sol et des murs peints de fresques.

L'exposition montrera donc l'évolution de la peinture romaine dans le sud de la Gaule, de Cannes à Bordeaux, depuis son apparition jusqu'au IIe siècle de notre ère. Ces exemples seront confrontés aux « modèles » italiens, en particulier dans la perspective de l'assimilation et de l'interprétation des quatre styles pompéiens. Ainsi pourra-t-on constater la fidélité ou bien l’autonomie à l'égard de ces schémas décoratifs et ornementaux nés au centre du pouvoir (dans l'Urbs, Rome).
Parallèlement à cette évolution, l’exposition tentera de montrer, par la restitution d’une paroi peinte ainsi que par un film réalisé pour l’occasion, les techniques utilisées par l’artisan de l’Antiquité ainsi que les techniques de restauration contemporaines des décors peints.
Outre des fragments d’enduits peints conservés au musée Saint-Raymond, musée des Antiques de Toulouse, l’exposition bénéficie de prêts exceptionnels provenant, entre autres, de Pompéi et du Louvre.

Commissaires de l’exposition :
Alexandra Dardenay, Université de Toulouse-Jean-Jaurès
Pascal Capus, MSR

(c) J.-F. Peiré
(c) J.-F. Peiré
Droit d’entrée : 8 € (accès inclus à la collection permanente).
Tarif réduit : 5 € (accès inclus à la collection permanente)..
Tarif réduit : titulaires de la carte Toulouse Cultures, groupes d’au moins 15 personnes, étudiants munis de leur carte, titulaires de la carte du COSAT.
Gratuité : moins de 18 ans, groupes de scolaires et d’étudiants accompagnés de leurs professeurs, conservateurs de musée et journalistes munis de leur carte professionnelle, bénéficiaires des chèques Toulouse Jeunes, titulaires de la carte d’invalidité et accompagnateur de personnes en situation de handicap, carte So Toulouse (sous réserve d’un accompagnateur payant), titulaires de la carte Pass Tourisme délivrée par l’Office du tourisme.

Catalogue de l’exposition
L’Empire de la couleur. De Pompéi au sud des Gaules
Catalogue en vente à partir du 15 novembre 2014.

Quelle fut l’évolution du décor peint dans la maison romaine antique ? Retrouve-t-on exactement les mêmes motifs, scènes et compositions en Narbonnaise et Aquitaine, des îles Lérins à Bordeaux, au fur et à mesure de la mise en place de la présence de Rome dans ces provinces ? Peut-on aujourd’hui mieux comprendre les recettes de ces ateliers de peintres à l’origine d’une technique tout à fait particulière ? Telles sont les grandes questions abordées par ce catalogue d’exposition, très richement illustré.

250 p. | 25 €

(c) M. Mulliez
(c) M. Mulliez
Une grande première

L’exposition s’ouvre sur le travail de deux restauratrices, Aude Aussilloux  et Maud Mulliez.
Durant sept mois, les deux fresquistes ont créé une décoration à fresque à partir de motifs qui auraient pu être utilisés dans l’Antiquité.
Pour ce faire, elles ont elles-même fabriqué leurs outils et pinceaux et se sont servi de pigments non synthétiques mais véritablement utilisés dans l’Antiquité.
Le cheminement et les techniques complexes ont été possibles après consultation des données scientifiques et des analyses des laboratoires spécialisés.

L’évolution de cette réalisation unique a été filmée par GK Vision. La vidéo sera visible dans l’exposition ainsi que sur le site internet du MSR.
Les deux panneaux, qui figurent deux pans de murs décorés d’une domus romaine, et les matériaux utilisés sont présentés dès l’espace d’introduction.

Painted decoration of a room in the House of the Plaster, Archaeological Museum, Pella
Painted decoration of a room in the House of the Plaster, Archaeological Museum, Pella
Une déco inspirée de la mode grecque

En 79 après J.-C., L’éruption du Vésuve interrompt la vie des cités et des domaines du golfe de Naples : les décors peints sont immuablement figés.
Depuis la découverte de Pompéi et Herculanum et grâce aux travaux d’A. Mau, à la fin du XIXe siècle, il est d’usage d’étudier les décors romains datables entre le IIe avant et le début du IIe de notre ère selon une grille d’analyse stylistique connue sous ce nom de  quatre styles pompéiens.

Les exemples de peinture murale préromaine sont extrêmement rares en Gaule.
La pénétration des modes décoratives, hellénistiques et romaines, est effective à partir du IIe siècle avant notre ère.
Le Ier style pompéien (IIe siècle - 80 avant notre ère) n’est, comme ailleurs, que fort peu attesté en Gaule. Cela ne surprendra pas : en effet, ce style ancien laissa la place, dans la plupart des demeures qui n’étaient pas totalement arasées, à des décors plus au goût du jour.
Les occupants d’une habitation n’hésitaient peut-être pas, quand ils en avaient les moyens, à remplacer des enduits défraîchis ou démodés.

Le Ier style pompéien, dit style « de grand appareil », présente une architecture de blocs de pierre dressés de chant à la base des murs et surmontés d’assises de parpaings. Il s’agit tout simplement d’une décoration en relief stylisé, inspiré des matériaux les plus luxueux des palais grecs, comme les marbres colorés. La « démocratisation » du décor pariétal ne se fera sentir qu’au milieu du Ier siècle. Les bâtiments publics ne sont pas décorés de la sorte pour autant, la technique étant trop onéreuse. De ce fait, les peintures de ce style sont rarissimes en Gaule ; Seule l’Île Sainte-Marguerite à Cannes, a fourni, pour l’instant, des fragments en stuc, typiques de ce style.

(c) J.-F. Peiré
(c) J.-F. Peiré
Le mur support de l’imaginaire

Le IIe style pompéien (80 - 20 avant notre ère) ne s’est pas limité à la Narbonnaise comme on l’a longtemps cru ; des découvertes à Roquelaure (Gers), Lyon et au Titelberg (Luxembourg), en particulier, l’attestent.
Il s’agit d’un décor en trompe-l’œil réparti en deux styles :
- un style modeste, dit IIe style schématique
- un style sophistiqué, dit IIe style scénographique.

La nouveauté : le mur devient un vecteur d’ouverture, son décor peint le faisant disparaitre en servant de moyen d’évasion puisqu’il est le support d’une architecture figurée, ou d’un grand paysage, ou encore d’une mise en scène de personnages fictifs ou d’un univers théâtral. Ce type de décoration est prestigieux et luxueux, et donc très chers et réservé à la frange très aisée de la société.
L’un des rares exemples célèbres est la grande villa de Boscoréale, située près de Pompéi, en Campanie. L’essentiel des parois peintes issues de cette villa est conservé à New York et à Naples ; quatre panneaux sont exceptionnellement réunis en France pour la première fois dpeuis leur dispersion et associés à une maquette de la villa.

Panneau au Dyonisos,  Villa de Roquelaure, Auch,  musée des Jacobins © J.-F. Peiré
Panneau au Dyonisos, Villa de Roquelaure, Auch, musée des Jacobins © J.-F. Peiré
D’autres enduits peints de même style, provenant de Glanum (Saint-Rémy-de-Provence), mais également du Gers, où les peintures de Roquelaure ont utilisé les pigments les plus précieux : le cinabre rouge, ce qui atteste probablement qu’un atelier venu d’Italie a réalisé ce décor fastueux à l’époque d’Auguste, avant l’abandon de la maison.

Le IIe style, en Gaule, permet d’orner les murs de candélabres voire de scènes mythologiques. Les décors présentent des imitations de faux marbres.

Scène de banquet, Pompéi Naples, MANN © Luigi Spina. Soprintendanza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei.
Scène de banquet, Pompéi Naples, MANN © Luigi Spina. Soprintendanza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei.
La fermeture monochrome

Le IIIe style pompéien fut introduit précocement en Gaule, peut-être à l’occasion du voyage d’Auguste à Lyon entre 16 et 13 avant notre ère. Des parois de ce style ont été découvertes à Pompéi, mais aussi à Périgueux, Aix-en-Provence, Nimes et Boscotrecase.
Il s’agit d’immenses aplats jaunes, noirs ou rouges qui redonnent au mur sa dimension opaque, fermée, antithèse du IIe style.
Le IIIe style pompéien se caractérise notamment par un goût tout particulier pour les parois à candélabres (porte luminaires). Reprenant dans un premier temps les poncifs italiens de ce style, la peinture gallo-romaine va toutefois développer des particularismes régionaux : dès lors, on observe sa relative autonomie, laquelle s’affirmera dans la deuxième moitié du Ier siècle de notre ère.

Durant le règne d’Auguste les décors deviennent donc plus sobres avec cette mode du monochrome. La nouveauté réside dans l’apparition de motifs inspirés de l’orfèvrerie, d’inter-panneaux à candélabres et de tableaux peints au centre des parois. Ces tableaux représentent des paysages, des scènes intimes et des scènes tirées de la mythologie.

Il s’agit d’une période assez brève, dont la fin marque le retour vers les décors illusionnistes.

Décor architectural, Herculanum Naples, MANN.  © Luigi Spina. Soprintendanza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei.
Décor architectural, Herculanum Naples, MANN. © Luigi Spina. Soprintendanza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei.
La paroi en trompe-l’œil

Le IVe style pompéien apparaît dans la seconde moitié du Ier siècle sous les empereurs de la dynastie flavienne, on parle alors de « peinture flavienne ».
La nouveauté réside dans la récurrence de candélabres, de bordures très décorées, dites « ajourées », de guirlandes en festons rappelant l’univers du théâtre. On constate qu’un tournant est pris au milieu du Ier siècle de notre ère. La peinture en Gaule à l’époque flavienne est une création provinciale, originale, qui découle des schémas plats du début du siècle. La « révolution illusionniste » du IVe style n’a pas eu prise sur elle, sauf exception. Par conséquent, la Gaule se distingue par l’absence d’un véritable IVe style pompéien à architectures complexes et trompe-l’œil. Des inter-panneaux décorés de grands candélabres structurent également les parois. Dans l’exposition, aux côtés de peintures de Pompéi et d’Herculanum, un candélabre monumental en marbre de plus de 3 mètres de haut, prêté par le Louvre, permet de comprendre l’objet à l’origine, en Gaule, du « délire du candélabre » du IVe style.
Les prototypes du IIIe style ont-ils été recopiés à satiété, figeant ainsi un type de composition sans profondeur réelle ? Serait-ce là la preuve d’un artisanat local qui développe des tendances décoratives nées à l’époque d’Auguste, avec une prédilection pour certains thèmes, dont le candélabre qui a donné son nom au style qui s’est maintenu ?

Gladiateurs. Périgueux. © A. Barbet
Gladiateurs. Périgueux. © A. Barbet
L’art pariétal populaire

Des illustrations de la vie populaire ont également inspiré les artistes peintres antiques.
Ainsi des scènes de gladiateurs ont-elles été découvertes à Périgueux (Dordogne), des représentations de foulons à Castres (Tarn) et Pompéi, des figurations de la religion et la musique à Loubens (Tarn), et des représentations de scènes religieuses dans des temples, dans le Tarn ou en Gironde.

Portraits en médaillons, Herculanum Naples, MANN.  © Luigi Spina. Soprintendanza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei.
Portraits en médaillons, Herculanum Naples, MANN. © Luigi Spina. Soprintendanza Speciale per i Beni Archeologici di Napoli e Pompei.
Chiragan sculptée... Chiragan peinte ?

Le premier étage du musée Saint-Raymond regroupe des œuvres parmi les plus exceptionnelles par leur qualité et leur diversité. Cette décoration du domaine de Chiragan, villa du domaine impérial découvert à 60 km de Toulouse, ferait croire que cette immense demeure était presque essentiellement sculptée : statues, statuettes, médaillons, hauts-reliefs, pilastres... La muséographie de ce premier étage est donc revisitée le temps de l’exposition, car les peintures des IIIe et IVe styles, avec leurs représentations mythologiques et allégoriques, auraient parfaitement pu appartenir à la décoration luxueuse de la villa de Chiragan.

Aux parois peintes exposées aux côtés de sculptures de la collection permanente du musée sera associée la maquette de la villa du Clos de la Lombarde (Narbonne), domaine de 1000 m2 dont même les plafonds étaient enduits et peints.  

Surtout, l’espace d’exposition présente ici de prestigieux prêts du Louvre : des peintures de Pompéi représentant Apollon et les muses et le Praedia de Julia Felix qui n’ont jusqu’alors jamais été exposés.

Pierre-Henri de Valenciennes La mort de Pline l’Ancien 1813  (musée des Augustins, Toulouse)
Pierre-Henri de Valenciennes La mort de Pline l’Ancien 1813 (musée des Augustins, Toulouse)
De Pompéi à Toulouse

L’exposition se conclut sur plusieurs éléments symboliques.
Il s’agit tout d’abord de deux fragments d’enduits peints provenant de Pompéi et rapportés par un collectionneur toulousain avant d’être acquis par le musée Saint-Raymond, ainsi qu’un tableau de Pierre-Henri de Valenciennes (1750-1819) issu de la collection du musée des Augustins, musée des Beaux-Arts de Toulouse, L’éruption du Vésuve.
Ce tableau représente la catastrophe naturelle qui fossilisa les peintures murales de Pompéi et permit leur conservation jusqu’à leur découverte, suivie de la déclinaison typologique des quatre styles pompéiens.
Il montre également la mort de Pline l’Ancien, dont les écrits nous permettent de connaître l’histoire grecque de la peinture, à l’origine des œuvres présentées dans cette exposition inédite.

Amour chevauchant un dauphin, Plassac © A. Barbet
Amour chevauchant un dauphin, Plassac © A. Barbet
Un travail d’équipe

L’édit de Maximus, en 294 de notre ère, fait état de deux catégories de peintres :
- les pictores parietarii (peintres de parois)
- les pictores imaginarii (peintres d’images).

Les sources littéraires et iconographiques ne permettent pas de déterminer la répartition du travail ni l’intervention des peintres d’images sur le chantier. On sait cependant qu’ils étaient mieux rémunérés que les peintres de parois. Les décors muraux étaient réalisés par de véritables artistes dont les peintures étaient reconnues comme de véritables œuvres d’art.
Certaines parois étaient entièrement peintes, d’autres présentent des éléments (tableaux, médaillons) peints sur des mortiers rapportés et distincts du reste de la paroi. Un même mur faisait donc l’objet d’un travail d’équipe entre différents artistes et artisans.

Dans la peinture romaine du sud de la Gaule, la décoration murale représente les thèmes chers à la peinture italienne :
- scènes tirées de la mythologie
- paysages
- scènes de jeux, de chasse
- décors végétaux
- éléments d’architecture
- monde du théâtre
- activités religieuses
- activités professionnelles

Certaines représentations sont typiques d’une province.
Certaines scènes ne peuvent être rattachées à aucun courant du fait du caractère fragmentaire de leur état lors de leur découverte.

Aquarelle d'Aix-en-Provence, représentant une paroi de la pièce 5 de la domus de l'Aire du Chapitre.
Aquarelle d'Aix-en-Provence, représentant une paroi de la pièce 5 de la domus de l'Aire du Chapitre.
La disposition dans l’espace

Une paroi peinte peut être visuellement découpée en grandes lignes horizontales qui représentent les journées de travail réparties entre les peintres :
- une zone supérieure,
- une zone médiane,
- une zone inférieure,
associées à trois à cinq zones verticales.
Ces dernières sont généralement d’un nombre impair car le travail est effectué autour d’un panneau central.

La zone supérieure  est généralement ornée de frises et de médaillons.
La zone médiane, à hauteur d’œil, présente les scènes figurées, ainsi que des tableautins peints avec une illusion d’accroche.
La zone inférieure est généralement parée d’une frise.
Des zones situées entre les différents panneaux verticaux peuvent être observées, généralement décorées de candélabres.

De la fouille à la restauration

Les parois de l’habitat romain étant peintes tant pour les protéger que pour les décorer, la technique de la fresque a rapidement été maîtrisée. Les pigments étaient répartis dans la troisième couche de chaux appliquée sur le mur, la plus fine, et ce avant qu’elle ne soit sèche. Cette technique a permis la conservation des enduits peints, même après deux mille ans sous terre.
Lors du dégagement des parois peintes, les archéologues font face à de nombreux morceaux qu’ils prélèvent, remontent, analysent et associent pour restituer le décor initial.
En France, un seul établissement est capable de ce travail, de la fouille à la restauration : le Centre d’étude des peintures murales romaines de Soissons (CEPMR).

Les archéologues peuvent se trouver confrontés à des murs enfouis mais restés verticaux, indiquant l’emplacement des pièces et révélant une découverte chromatique chargée de sens, ou constater la présence d’une fresque morcelée du fait de l’effondrement de la paroi en plaques fissurées et enchevêtrées. Dans d’autres configurations encore, les fragments sont épars ou entassés pour combler une fosse et donc dégagés hors de tout contexte d’origine. Plus la fouille est minutieuse et ordonnée, plus le travail de recherche scientifique sera facilité.

La peinture romaine, cette « peau » chromatique, ce « derme » iconographique, révèle à la fois le style de décor mais aussi, sur sa face interne, la réalité architecturale de l’époque : matériaux, hauteur de murs, type de construction, ouvertures éventuelles, rajouts tels que les éléments de mortier séparés destinés à recevoir un tableau, peint lui aussi.
Ces indices permettent aux scientifiques d’aujourd’hui de produire des restitutions en trois dimensions de l’habitat antique.

Le travail des artistes peintres est lisible jusque dans ses dessins préparatoires et techniques d’application des pigments. L’émotion est parfois au rendez-vous à travers la découverte de coulures accidentelles de l’artisan, d’une trace de coude en appui sur un mortier encore frais, d’une trace de doigt et d’ongle posés sur le mur pour une plus grande précision du geste à venir... L’imaginaire de la vie antique est décuplé par la rencontre avec ces éléments à la symbolique et à la portée scientifique si fortes.

La totalité des murs et fragments sont photographiés, dessinés et infographiés pour un enregistrement complet. Tous ces éléments sont ensuite analysés dans le but d’une connaissance plus approfondie du site, de l’histoire et de la société concernés.

La publication scientifique des résultats et généralement associée à une exposition.
Toulouse n’avait encore jamais présenté d’exposition sur la peinture antique.
L’exposition L’Empire de la couleur fait écho aux méthodes de restauration (restauration, préservation, mise en valeur des peintures romaines) et de leur évolution sur les cent dernières années à travers le film sur la réalisation de la fresque à voir en introduction.
© J. Stanton-Abbott
© J. Stanton-Abbott

Contact presse et demande de photographies

Emanuelle Guillemot
05 61 22 31 22
emanuelle.guillemot@mairie-toulouse.fr

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